Rezension: Tobias Bütow, Corine Defrance, Ulrich Pfeil: 63 Orte der deutsch-französischen Geschichte. Von 1870 bis heute
Un livre sur la culture mémorielle franco-allemande vient de paraître : les éditeurs Tobias Bütow, Corine Defrance, Ulrich Pfeil et leurs auteurs présentent > 63 lieux de l’histoire franco-allemande de 1870 à nos jours.
Dans leur introduction, qui mérite d’être lue car elle résume de manière impressionnante l’importance de l’histoire pour les relations franco-allemandes, les trois éditeurs présentent le concept de leur ouvrage : « L’histoire franco-allemande est une histoire d’extrêmes. » (p. 9) Cette phrase résume avec précision l’histoire franco-allemande si riche et variée, marquée par trois guerres cruelles (et la « bataille des nations » de 1813 près de Leipzig, p. 45 et suivantes), puis par une amitié commune pour le bien de l’Europe. Les villes, villages et paysages des deux pays témoignent de cette diversité remarquable. Les auteurs ont sélectionné 63 lieux pour le 63e anniversaire du traité de l’Élysée de 1963. Les auteurs ont sélectionné ces lieux afin de montrer comment ils marquent notre mémoire actuelle, qui, avec le souvenir des événements qui s’y sont déroulés, s’inscrit dans la culture du souvenir et peut aujourd’hui être considérée comme le fondement de l’Europe.
Le livre est complété par une > Cartorik, une carte numérique sur l’histoire franco-allemande créée par l‘Office franco-allemand pour la Jeunesse. Cartorik peut être facilement consulté grâce à un code QR qui accompagne chacun des 63 lieux. Des références bibliographiques accompagnent chaque lieu. Liste des auteurs : p. 323-328.
La guerre franco-allemande de 1870/71 a été suivie d’une humiliation supplémentaire avec la proclamation de l’Empire allemand dans la galerie des Glaces de Versailles. Ce souvenir n’est ni effacé ni relativisé lorsque, en 2003, les députés de l’Assemblée nationale et du Bundestag allemand célèbrent le 40e anniversaire du traité de l’Élysée à Versailles. Versailles et Potsdam ont signé un jumelage en 2016.
Ce livre décrit de manière très instructive, à travers les 63 lieux présentés, le savoir-faire nécessaire pour mettre en œuvre la réconciliation après trois guerres si douloureuses, surmonter ensemble le passé et jeter ainsi les bases d’une paix durable et d’une coopération amicale.
Presque chaque description de lieu est introduite par un paragraphe introductif – comme l’« entrée en matière » d’un cours d’histoire souvent en rapport avec le présent –, suivi d’analyses et d’explications historiques, puis d’un paragraphe sur ce qu’est devenue aujourd’hui la mémoire de ce lieu ou sur la façon dont cette mémoire perdure.
L’histoire franco-allemande est également présente au Togo et au Bénin : p. 36 et suivantes, où, à Boukumbé, à la frontière avec le Togo, les habitants ont utilisé le drapeau français en 1906 pour empêcher les Allemands de construire une route…
La présentation des 63 lieux se lit comme un guide touristique à travers l’histoire franco-allemande, qui réserve même aux connaisseurs de nouvelles découvertes. Tous les lieux ne sont pas connus de tous. Presque personne n’associe le Mont Pèlerin aux 2220 jumelages de villes qui ont vu le jour en juin 1948 lors de la première rencontre franco-allemande des maires au Mont Pèlerin en Suisse : Cottbus et Montreuil ont conclu le premier jumelage (p. 236 et suivantes). Et en classe, mes élèves ont toujours été étonnés de voir comment le général de Gaulle s’est adressé à la jeunesse allemande en 1962. Son discours dans la cour intérieure du château de Ludwigsburg a été honoré en 2012 par une cérémonie officielle. Après la guerre, l‘Institut franco-allemand DFI a été fondé à Ludwigsburg.
Fleury-Devant-Douaumont a été complètement détruit pendant la Première Guerre mondiale. Aujourd’hui, c’est un lieu de mémoire pour la compréhension franco-allemande. D’autres lieux, comme Hohenlychen, à 100 km au nord de Berlin, d’abord un sanatorium, puis le siège d’un mouvement de jeunesse franco-allemand de 1931 à 1932, ont également été le théâtre de crimes atroces. Les écoles de vacances ont trouvé leur prolongement dans les projets de l’OFAJ. Le camp de concentration de Buchenwald, près de Weimar, fait également partie des lieux de mémoire (> Question : Jean-Noël Jeanneney, L’un de nous d’eux).
Dans l’histoire franco-allemande, Munich est associée à cet accord funeste de 1938. Gdansk/Danzig garde de vieux souvenirs d’espoirs placés dans la France. Après une histoire douloureuse, elle est finalement devenue un symbole de liberté. Vichy, Gurs, Schirmeck, Ban Saint-Jean ainsi que le Vel d’Hiv sont autant d’autres souvenirs douloureux. Chacun de ces lieux est associé à une forme particulière de commémoration. Georges Brassens a ainsi rendu hommage à sa manière, à travers ses chansons, au camp de travail de Basdorf, un lieu situé au nord de Berlin.
La splendeur de l’hôtel Excelsior à Nice ne doit pas faire oublier qu’il fut le siège de la Gestapo à partir de 1943 et devint un lieu d’internement. Le Vercors, entre les départements de l’Isère et de la Drôme, devint un lieu de refuge et de résistance : > Hommage aux maquisards de la Résistance et de la Libération à Vassieux-en-Vercors. À Oradour-sur-Glane, le 10 juin 1944, les SS ont commis un horrible massacre et brûlé 450 femmes et enfants dans l’église du village : > Le président Emmanuel Macron et le président fédéral Frank-Walter Steinmeier à Oradour-sur-Glane – 10 juin 2024. Sigmaringen a été brièvement la capitale française et est aujourd’hui un lieu de mémoire franco-allemand, tout comme Chartres ou Freudenstadt. Rastatt est synonyme de procès contre les criminels de guerre.
Parmi les premières rencontres entre jeunes Français et Allemands, on peut citer la Rencontre européenne de la jeunesse de 1951 à la Loreley, à laquelle ont participé 35 000 jeunes de 14 nations. Après tous les malheurs et les horreurs des guerres, certains lieux symbolisent la réconciliation, comme Reims, avec la visite mémorable de la cathédrale par le président Charles de Gaulle et Konrad Adenauer en 1962.
(> Il y a quatre-vingts ans : La victoire sur le nazisme et la capitulation allemande le 8 mai 1945) Ou encore le palais de l’Élysée pour la signature du traité de 1963, qui porte le nom de la résidence officielle du président français. Le > tramway qui relie Strasbourg et Kehl est devenu un symbole tout particulier.
Les auteurs ont particulièrement bien réussi à présenter ici un livre d’histoire franco-allemand qui montre comment la réconciliation a été et continue d’être mise en œuvre de manière très concrète et avec succès dans ces 63 lieux, et ce de manière très différente. Pour tous ces lieux, l’histoire et ses enseignements constituent une obligation de comprendre les relations franco-allemandes comme un processus très vivant qui, loin d’occulter les années douloureuses, préserve une culture du souvenir qui, comme indiqué ci-dessus, fait de la connaissance et du savoir-faire liés à cette réconciliation un bien si précieux que de nombreux pays dans le monde nous envient à juste titre. Le livre a une autre dimension. D’une certaine manière, il explique également quelles obligations incombent aux initiateurs de la > réconciliation franco-allemande, qui a commencé dès 1945, à laquelle Joseph Rovan et Alfred Grosser. Grosser répétait sans cesse : « Expliquer, expliquer, toujours expliquer », faisant référence à la mémoire du passé, mais aussi à la tentative incessante de se mettre à la place de l’autre, une recette toujours importante pour la réussite des relations franco-allemandes, dont le présent ouvrage fournit une clé pour leur compréhension historique.
Gerade ist ein Buch zur deutsch-französischen Erinnerungskultur erschienen: Die Herausgeber Tobias Bütow, Corine Defrance, Ulrich Pfeil und ihre Autorinnen und Autoren stellen > 63 Orte der deutsch-französischen Geschichte von 1870 bis heute vor.
In ihrer Einleitung – die so lesenswert ist, weil darin die Bedeutung der Geschichte für die deutsch-französischen Beziehungen so beeindruckend auf den Punkt gebracht wird – stellen die drei Herausgeber das Konzept ihres Buches vor: „Die deutsch-französische Geschichte ist eine Geschichte der Extreme.“ (S. 9) Mit diesem Satz resümieren sie ganz präzise die so vielfältige deutsch-französische Geschichte, die von drei grausamen Kriegen (und die „Völkerschlacht“ 1813 bei Leipzig, S. 45 ff.) und dann von einer gemeinsamen Freundschaft zum Wohl Europas berichtet. Die Städte, Dörfer und Landschaften in beiden Ländern berichten von dieser so bemerkenswerten Vielfalt. 63 Orte für den 63. Jahrestag des Élysée-Vertrages von 1963 haben die Autoren ausgesucht, um mit ihnen zu zeigen, wie sie unser heutiges Gedächtnis prägen, das mit dem Gedenken an die dort stattgefundenen Ereignisse im Rahmen der Erinnerungskultur in die Zukunft weist und heute als Fundament für Europa gelten darf.
Das Buch wird durch eine > Cartorik ergänzt, eine digitale Karte zur deutsch-französischen Geschichte, die Deutsch-Französische Jugendwerk geschaffen hat. Mit einem QR-Code, das jeden der 63 Orte begleitet, kann Cartorik leicht aufgeschlagen werden. Bibliographische Angaben begleiten jeden Ort. Die Liste der Autorinnen und Autoren: S. 323-328.
Dem deutsch-französische Krieg von 1870/71 folgte noch eine zusätzliche Demütigung mit der Proklamation des Deutschen Kaiserreiches im Spiegelsaal von Versailles. Die Erinnerung wurde nicht getilgt oder relativiert, als 2003 die Abgeordneten der Nationalversammlung und des Deutschen Bundestages den 40. Geburtstag des Élysée-Vertrages in Versailles begingen. Versailles und Potsdam unterzeichneten 2016 eine Städtepartnerschaft.
Das Know-how, wie man nach drei so leidvollen Kriegen eine Aussöhnung ins Werk setzt, zusammen die Vergangenheit bewältigt und so das Fundament für einen dauerhaften Frieden und eine freundschaftliche Zusammenarbeit setzt, das wird in diesem Buch mit jedem der hier vorgestellten 63 Orten sehr lehrreich beschrieben.
Beinahe jede Ortsbeschreibung wird mit einem einführenden Absatz – wie der „Einstieg“ in eine Geschichtsstunde oft mit Gegenwartsbezug – eingeleitet, dann folgen historische Analysen und Erklärungen und dann immer ein Absatz darüber, was heute aus der Erinnerung an diesen Ort gemacht wurde, oder wie die Erinnerung fortlebt.
Deutsch-französische Geschichte gibt es auch in Togo und Benin: S. 36 ff., wo in Boukumbé an der Grenze zu Togo sich 1906 die Einwohner mit der französischen Flagge behalfen, um die Deutschen davon abzuhalten, eine Straße zu bauen…
Die Vorstellung der 63 Orte liest sich wie ein Reiseführer durch die deutsch-französische Geschichte, die auch ihren Kenner neue Entdeckungen vermittelt. Nicht alle Orte sind allen bekannt. Kaum jemand verbindet den Mont Pèlerin mit den heute 2220 Städtepartnerschaften, die im Juni 1948 mit dem ersten deutsch-französischen Treffen von Bürgermeistern auf dem Mont Pèlerin in der Schweiz begannen: Cottbus und Montreuil schlossen die erste Partnerschaft (S. 236 ff.). Und im Unterricht haben meine Schüler immer wieder gestaunt, wie General de Gaulle sich 1962 an die deutsche Jugend gewandt hat. Seine Rede im Innenhof des Ludwigsburger Schlosses wurde 2012 mit einem Staatsakt gewürdigt. Nach dem Krieg wurde in Ludwigsburg das Deutsch-französische Institut DFI gegründet.
Fleury-Devant-Douaumont wurde im Ersten Weltkrieg vollständig zerstört. Heute ist es ein Erinnerungsort für die deutsch-französische Verständigung. Andere Orte wie Hohenlychen, 100 km nördlich von Berlin, zunächst eine Heilanstalt, wurde er auch von 1931-1932 zum Domizil einer deutsch-französischen Jugendbewegung, dann ein Ort grausamer Verbrechen. Die Ferienschulen fanden ihre Fortsetzung mit den Projekten des DFJW. Zu den Gedenkorten gehört auch das Konzentrationslager Buchenwald bei Weimar (> Nachgefragt: Jean-Noël Jeanneney, L’un de nous d’eux).
In der deutsch-französischen Geschichte ist München mit dem unheilvollen Abkommen 1938, mit dieser Stadt verbunden. Gdansk/Danzig hat alte Erinnerungen an Hoffnungen auf Frankreich. Nach einer leidvollen Geschichte ist es dann doch noch zu einem Symbol der Freiheit geworden. Vichy, Gurs, Schirmeck, Ban Saint-Jean wie auch das Vel d’Hiv stehen für weitere so leidvolle Erinnerungen. Jeder dieser Orte ist mit einer speziellen Form des Gedenkens verknüpft. So hat Georges Brassens auf seine Weise mit seinen Liedern an das Arbeitslager Basdorf, ein Ort im Norden von Berlin, erinnert.
Der Glanz des Hotels Excelsior in Nizza darf heute nicht vergessen lassen, dass es ab 1943 Sitz der Gestapo war und zur Internierungsstelle wurde. Der Vercors zwischen den beiden Departements Isère und Drôme wurde zum Zuflucht- und Widerstandsort der Résistance : > Hommage aux maquisards de la Résistance et de la Libération à Vassieux-en-Vercors. In Oradour-sur Glane hat die SS am 10. Juni 1944 ein grauenvolles Massaker verübt und 450 Frauen und Kinder in der Kirche des Ortes verbrannt: > Staatspräsident Emmanuel Macron et Bundespräsident Frank-Walter Steinmeier in Oradour-sur-Glane – 10. Juni 2024. Sigmaringen war eine kurze Zeit französische Hauptstadt und ist heute auch ein deutsch-französischer Erinnerungsort, wie auch Chartres oder Freudenstadt. Rastatt steht für die Prozesse gegen Kriegsverbrecher.
Zu den frühen Begegnungen zwischen französischen und deutschen Jugendlichen gehörte auch das Europäische Jugendtreffen 1951 auf der Loreley, an dem 35.000 Jugendliche aus 14 Nationen teilnahmen. Nach all dem Unglück und Schrecken der Kriege stehen besondere Orte für die Versöhnung, wie Reims, mit denkwürdigen Besuch der Kathedrale durch Staatspräsident Charles de Gaulle und Konrad Adenauer 1962. (> Vor achtzig Jahren: Der Sieg über den Nationalsozialismus und die deutsche Kapitulation am 8. Mai 1945) Oder er Élysée-Palast für die Unterzeichnung des Vertrags 1963, der den Namen des Amtssitzes des französischen Staatspräsidenten trägt. Die > Straßenbahn, die Straßburg und Kehl verbindet ist zu einem ganz besonderen Symbol geworden.
Den Autoren ist es besonders gut gelungen, hier ein deutsch-französisches Geschichtsbuch vorzulegen, das zeigt, wie Aussöhnung an diesen 63 Orten in ganz unterschiedlicher Weise ganz praktisch und erfolgreich in die Tat umgesetzt worden ist und wird. Für alle Orte gilt die Geschichte und ihre Lehren als Verpflichtung, die deutsch-französischen Beziehungen als einen sehr lebendigen Prozess zu verstehen, der die leidvollen Jahre keineswegs verdeckt, sondern eine Erinnerungskultur bewahrt, die wie oben angedeutet, das Wissen und Knowhow um diese Aussöhnung zu einem so wertvollen Gut macht, um das uns ganz zu Recht viele Länder in der Welt beneiden. Das Buch hat eine weitere Dimension. In gewisser Weise erklärt es auch, welche Verpflichtungen die Initiatoren der > deutsch-französischen Aussöhnung, die schon 1945 begann, an der Joseph Rovan und Alfred Grosser so maßgeblich beteiligt waren. Grosser wiederholte immer wieder: „Erklären, erklären, immer wieder erklären“ und meinte damit die Erinnerung an die Vergangenheit aber auch unablässig den Versuch, den Standpunkt des Gegenübers einzunehmen, ein immer noch wichtiges Rezept für das Gelingen der deutsch-französischen Beziehungen, zu denen das vorliegende Buch einen Schlüssel zu ihrem historischen Verständnis liefert.
Tobias Bütow, Corine Defrance, Ulrich Pfeil
> 63 Orte der deutsch-französischen Geschichte. Von 1870 bis heute
Freiburg, Basel, Wien: Herder 2026
ISBN 9783451036422
Auf unserem Blog:
> Nicolas Eybalin, Quand les lieux racontent l’Histoire de France – 29. August 2016










